VAMPIRE ACADEMY : SACRIFICE ULTIME (extrait n°1)
Avertissement : si vous n'avez pas lu les cinq tomes précédents, ce passage contient des spoilers.
CHAPITRE PREMIER
J'ai toujours eu horreur des cages. Je déteste même aller au zoo. La première fois que j'en ai visité un, j'ai failli faire une crise de claustrophobie en voyant ces pauvres animaux. Je n'arrive pas à concevoir qu'une créature puisse vivre de cette manière. Parfois, j'éprouve même un peu de pitié à l'égard des criminels condamnés à finir leurs jours dans une cellule. Et je n'ai assurément jamais songé à y finir les miens.
Mais la vie semblait s'ingénier à me placer dans des situations inattendues, ces derniers temps - parce que j'étais bel et bien derrière les barreaux.
- Hé! hurlai-je en agrippant les barres d'acier qui me séparaient du monde extérieur. Combien de temps allez-vous me garder ici ? Quand mon procès aura-t-il lieu ? Vous ne pouvez pas m'enfermer dans ce cachot pour toujours !
D'accord : ce n'était pas exactement un cachot au sens médiéval du terme, c'est-à-dire un endroit obscur avec des chaînes fixées aux murs. C'était une petite cellule aux murs et au sol uniformément blancs, où rien n'accrochait le regard. La pièce était immaculée, stérile, glaciale. À vrai dire, c'était bien plus déprimant qu'aucun cachot moisi n'aurait pu l'être. Les barreaux étaient froids et désespérément rigides sous mes doigts. Le reflet des néons sur le métal me faisait mal aux yeux. J'apercevais l'épaule du garde posté avec raideur près de la porte de ma cellule, et je savais que quatre autres surveillaient le couloir, hors de mon champ visuel. Je savais aussi qu'aucun d'eux ne répondrait à mes questions, mais cela ne m'empêchait pas de les harceler depuis deux jours.
Lorsque le silence habituel succéda à mes hurlements, je poussai un profond soupir et m'affalai sur la couchette qui occupait un coin de la cellule, et était aussi austère et incolore que tous les éléments de mon nouveau foyer. Oui... Je commençais vraiment à regretter de ne pas être enfermée dans un véritable cachot. Les rats et les toiles d'araignées m'auraient au moins fourni une source de distraction. Je rivai mon regard au plafond et éprouvai aussitôt la sensation oppressante qui me torturait depuis mon arrivée : l'impression que les murs et le plafond se rapprochaient pour m'étouffer, qu'ils allaient réduire mon espace jusqu'à en chasser tout l'air respirable.
Je me redressai subitement, le souffle court. Ne regarde pas les murs et le plafond, Rose, me morigénai-je. À la place, je focalisai mon attention sur mes mains jointes et m'efforçai de comprendre comment j'avais pu me retrouver dans ce pétrin.
Une première réponse s'imposait : quelqu'un m'avait piégée en me faisant accuser d'un crime que je n'avais pas commis. Et il ne s'agissait pas d'un délit mineur, mais d'un assassinat. On avait eu l'audace de me faire accuser du pire crime qu'un Moroï ou un dhampir puissent commettre. Je ne prétends cependant pas n'avoir jamais tué. Je l'ai fait. J'ai aussi transgressé un bon nombre de règles - et même de lois. Mais le meurtre de sang-froid m'est totalement étranger, et encore plus lorsqu'il s'agit de celui d'une reine.